Escalade à La Réunion : Défier le basalte entre mer et remparts
Si vous venez à La Réunion avec vos chaussons dans le sac, oubliez tout de suite le calcaire poli ou le granit classique. Ici, on grimpe sur du basalte. Une roche noire, souvent abrasive, parfois piégeuse, mais d’une richesse incroyable. Entre les falaises maritimes battues par les embruns et les parois vertigineuses des cirques, l’île est un terrain de jeu vertical qui demande autant de technique que de mental.
Le Basalte : une affaire de friction et de lecture
Grimper à La Réunion, c’est d’abord faire connaissance avec la roche volcanique. Le basalte offre une variété de prises déroutante : des colonnettes parfaites, des réglettes tranchantes ou des aplats qui testent votre adhérence au millimètre près.
- Le conseil de pro : Le grain change tout. Entre le basalte « péi » très compact des Hauts et celui plus poreux du littoral, vos doigts vont apprendre à faire la différence. Attention à la chauffe : sous le soleil tropical, la roche noire devient vite un radiateur. Visez l’ombre ou les sessions matinales.
Les spots incontournables : du lagon aux nuages
Chaque secteur a son identité. Voici ma sélection pour sortir des sentiers battus :
- Cilaos (Fleur Jaune) : C’est le temple de la grande voie. Grimper avec le Piton des Neiges en toile de fond, c’est une expérience mystique. Les voies y sont longues, l’ambiance est alpine, et le gaz est omniprésent.
- Saint-Leu (La Ravine du Trou) : Un site historique. C’est technique, c’est sec, et ça demande une pose de pieds irréprochable. C’est ici que se forge le caractère des grimpeurs locaux.
- Ouaki (Saint-Louis) : Idéal pour ceux qui aiment les dévers et les mouvements athlétiques. C’est souvent là qu’on vient pour « envoyer du gros » quand les conditions le permettent.
Bloc ou falaise ? Pourquoi choisir ?
La Réunion est devenue une destination mondiale pour le bloc, notamment grâce au site de Ravine des Avirons. On y trouve des passages de classe internationale dans un cadre sauvage. Ce qui rend l’escalade ici humaine et vibrante, c’est la communauté. On n’est pas dans une salle de sport aseptisée. On est dans la ravine, on échange sur les méthodes, on partage une bouteille d’eau et on respecte l’équipement — souvent financé par les associations locales qui font un travail de titan contre la corrosion saline.
La sécurité : ne jouez pas avec les remparts
L’île bouge. Après chaque épisode cyclonique ou fortes pluies, les falaises travaillent. Le casque n’est pas une option, c’est votre assurance vie. Vérifiez toujours l’état des points : l’inox souffre ici plus qu’ailleurs à cause de l’air marin. Si vous débutez ou si vous ne connaissez pas le secteur, rapprochez-vous des moniteurs locaux (BE) : ils connaissent chaque écaille fragile de l’île.